Le jour d’après (diaporama)

Le jour d’après (diaporama)

Ce matin, les vignerons bourguignons ont tout perdu, ou presque.

Rares sont les pieds de vignes en blanc qui ont été épargnés par trois nuits consécutives de gelées sur la côte des Blancs (Meursault, Puligny, Chassagne, Santenay, Saint-Aubin, la colline des Cortons) et les rouges sont également très impactés. Selon nos informations (et des informations qui remontent des vignerons avec qui nous collaborons), la Côte de Nuits, le Chablisien, le Mâconnais, le Beaujolais, le Rhône, la Loire sont sinistrés.

C’est un épisode historique. De mémoire de vigneron, l’état des vignes n’a jamais été si catastrophique depuis 1956, un demi-siècle en arrière. Vendangera-t-on en 2021 ? On croise les doigts.

Les vignerons rentrent noirs de leurs vignes, ils ont allumé des bougies durant trois nuits (voir notre article ici), ou tenté d’autres méthodes (voir notre article ici), mais rien ou presque n’a fonctionné. Alors, ils ont l’oeil morne, épuisés par la lutte. Dehors, ce matin, l’odeur de la fumée sent le lendemain de guerre, un halo très dense flotte au dessus des villages de Chassagne-Montrachet, Puligny-Montrachet, Meursault. Une énorme gueule de bois pour les viticulteurs…

Mais aussi pour toutes les régions qui vivent de l’or blanc ou rouge, second poste français à l’export et moteur économique pour bien des bassins d’emplois. A quoi ressemblera demain ? On ne le sait pas, d’autres gelées sont encore attendues. Un mois et demi à tenir avant les Saints de Glace de la mi-mai. Date à laquelle on ne redoute plus les gelées sur la végétation.

Le jour d’après… Constat des dégâts sur une parcelle de Santenay-le-Haut. Domaine Bachey-Legros.

Voilà à quoi ressemble ce jour d’après. Mais déjà les questions fusent : “Ces ouvertures de bourgeons trop précoces … Et si elles se systématisaient années après années à cause du réchauffement climatique ? Car après tout les vagues de froid sont normales, c’est le débourrage qui est bien trop précoce (voir notre article ici).”

Et les débuts de réponse sont avancés : lutte mutualisée ? taille tardive ? protections du vignoble innovantes ? Nouvelles variétés de ceps tardifs ? Et bien d’autres. Preuve que la nouvelle génération vigneronne n’a pas les deux pieds dans le même sabot et est prête à faire preuve d’imagination pour trouver une issue favorable à ce chamboulement qui s’installe désormais dans la vie de leur domaine.

A nouvelle génération, nouvelles solutions ? Nous l’espérons de tout coeur et partageons cet élan, pour trouver tous ensemble des voies de sorties.

Nous remercions infiniment tous les vigneron(ne)s qui nous ont donné et nous donnent encore de leurs nouvelles, leur analyse de la situation et nous confient ce qu’ils ont sur le coeur.

Un bourgeon fraîchement éclos, grillé par le gel (7 avril 2021)

C’est dans un moment comme celui-là que nous réalisons encore plus la fragilité de nos activités. Ce qui fait la beauté et la richesse de notre travail reste naturellement sensible. Notre usine n’est pas duplicable, réparable, transférable et c’est tant mieux. Nous sommes tous solidaires et trouverons cette année encore les ressources pour nous adapter. Partons déjà du principe que la nature est plus généreuse que capricieuse.

Anima Vinum (naturellement solidaire)

Gelée noire : les blancs très touchés cette nuit par les températures négatives sur la Côte de Beaune (diaporama)

Gelée noire : les blancs très touchés cette nuit par les températures négatives sur la Côte de Beaune (diaporama)

Dans la nuit de mardi à mercredi 7 avril, les vignerons bourguignons ont allumé des bougies pour protéger les parcelles de la gelée matinale. Ce matin là, c’est la catastrophe sur la côte des Blancs (notamment les villages de Meursault, Puligny, Chassagne, Santenay, la colline des Corton), il neige, les bourgeons trop précocement éclos sont gelés.

Anima Vinum était sur le terrain auprès des vignerons du domaine Bachey Legros (Santenay), avec qui nous travaillons en étroite collaboration depuis 20 ans. Ci-dessous les parcelles de Santenay Les Gravières, Chassagne Morgeot et l’abbaye de Morgeot.

Sauver les vignes, un effort collectif … ou pas !

Sauver les vignes, un effort collectif … ou pas !

Les 6, 7 et 8 avril 2021 seront des nuits à haut risque pour l’ensemble du vignoble français, vu les bulletins météos. Depuis 2012, le changement climatique oblige les viticulteurs bourguignons à protéger leurs parcelles durant la nuit.

https://youtube.com/shorts/ZeADy26weQk?

Jusqu’aux « Saints de glace » – Saint Mamert, Saint Pancrace et Saint Boniface (les 11,12 et 13 mai), les risques de gel ont toujours été monnaie courante, mais depuis 10 millésimes, les vignes « débourrent » bien trop tôt et les bourgeons éclos craignent ces températures en dessous de zéro. Le risque ? Des vendanges réduites de moitié, voire pas de vendange du tout…

Différentes méthodes sont utilisées, certaines mutualisées comme les brûlages de paille ou les éoliennes dans le chablisien notamment. D’autres, individuelles, mais coûteuses sont utilisées comme les installations de bougies – à l’origine de photos magnifiques et virales, l’aspersion, les tisanes (si,si !) dans le Mâconnais ou … le vol d’hélicoptère.

La vigne au petit matin protégée du gel par les bougies. Crédits photos Arnaud Finistre – Hans Lucas

Avant, on brûlait de la paille …

Comment augmenter les températures sur des parcelles lorsqu’elles sont éparpillées et qu’aucun consensus entre les propriétaires n’est possible ? C’est la question à laquelle se heurtent les vignerons bourguignons durement touchés par le gel cette dernière décennie.

Une première réponse avait été le brûlage de bottes de pailles en commun… Presque en commun. Pas chère, cette méthode est possible en demandant une dérogation à la préfecture. L’idée étant de générer un voile de fumée au-dessus des plantes et d’empêcher d’une part le froid de s’installer au sol, d’autre part de stopper les premiers rayons de soleil afin qu’il ne grille pas trop durement les bourgeons éclos de manière (bien trop) précoce.


Mais tout le monde ne joue pas le jeu. Encore moins les habitants qui le vivent mal. Normal, ils se réveillent le matin dans un brouillard compact et étouffant qui tient parfois jusque dans l’après-midi. Pour achever cette technique pourtant approuvée par ceux qui la pratiquent, une première étude menée en 2020 par le CAVB (Comité d’Action des Vignerons de Bourgogne), démontre que les résultats ne sont pas au rendez-vous. Résultat, pour cet épisode de gel 2021, aucune demande de dérogation n’a été faite en Côte-d’Or.

Le gel, un supplice pour les vignerons, un délice pour les yeux

La solution alternative, c’est la bougie (voir reportage). Installées la veille par centaines au pied des vignes, elles sont capables de réchauffer les rangs durant 8 heures, donc une nuit… voire deux. Mais c’est une solution coûteuse, difficile de convaincre tous les vignerons de les allumer ensemble pour créer un vrai effet de chaleur … Imaginez, on dispose entre 200 et 500 bougies par hectare et leur prix est de 8€ l’unité. De plus, il faut du monde pour les allumer ! Vous verrez, durant ces nuits marquantes, des équipes de 4 ou 5 vignerons frigorifiés parcourir, chalumeau à la main, les rangs entre 3 et 4 heures du matin. Avant le lever du jour, la vue est majestueuse, la côte est illuminée, les images sont devenues célèbres.

Dans le chablisien, on brasse le vent à l’aide d’éoliennes. L’aspersion est de mise en Bourgogne, mais là encore, individuelle et coûteuse puisque la technique nécessite des milliers de litres pour créer une coque protectrice de glace au bon moment.

Contre le gel ! Soyons créatifs !

Il existe d’autres techniques pour lutter contre le gel des bourgeons et éviter une perte des récoltes. Dans le Mâconnais par exemple, certains tentent de renforcer leurs vignes avec des tisanes. Malheureusement, si les températures descendent sous la barre des -2°C, ce qui est prévu cette semaine, la préparation ne sera pas efficace.

Durant la nuit, on a entendu aussi des hélicoptères voler au-dessus de parcelles de domaines prestigieux. Pourquoi ? Parce que certains propriétaires ont les moyens financiers de brasser l’air depuis le dessus, empêchant l’air froid de stagner au niveau des ceps. Mais la technique n’est utilisée qu’en dernier recours, et sur les parcelles de très haute valeur comme les Corton Charlemagne Grands Crus !

Anima Vinum, un peu de notre culture…

Anima Vinum, un peu de notre culture…

Attention Vins Vibrants ! Interview avec Jean-François VANDROUX, Gérant Anima Vinum

Pourquoi le terroir est-il si fondamental pour Anima Vinum ? « Nous avons la chance en  Bourgogne d’avoir deuxcépages assez peu aromatiques, le goût ne vient pas tant de ses qualités variétales mais de la synergie avec l’endroit où il est planté et ce sur quoi il est planté. La vigne est une liane, son réseau racinaire est considérable. Il va puiser des éléments actifs qui proviennent du sol. Tout commence là. »

Comment rendre un terroir expressif … ou pas ?  « L’âge géologique, la proportion et la nature des argiles et des calcaires donnent une mosaïque qui va imprimer les vins et leur donner leur identité spécifique. L’homme influence aussi cette expression par ses choix culturaux. Pour qu’un terroir soit pleinement expressif il doit être pleinement vivant. Il ne doit pas être considéré comme un simple substrat, un support. Le secret d’un sol vivant réside dans la richesse végétale (adventices), animale (insectes, vers) et microbienne (mycéliums, bactéries) qui s’y développe pour former écosystème équilibré, seul  capable d’assurer à la plante l’absorption optimale d’éléments précieux qui vont faire l’identité d’un terroir et d’un vin.»

Comment peut-il y avoir de la vie dans le vin ? « C’est là qu’Anima Vinum intervient et prend une part pro-active dans la sélection des vins vibrants. La capacité du vigneron à préserver sa matière première est essentielle. Il ne doit pas trop contraindre le vin avec des interventions œnologiques. Bien sûr, la vigilance est de mise, mais l’idéal reste de laisser la nature faire le plus possible. Attention à l’interventionnisme, aux recettes « toutes faites » en cave. Cela retire de la vibration, de la vie au vin. »

En quoi est-ce un atout énorme ? « Chez Anima Vinum, nous avons toujours voulu garder notre œil et nos papilles de consommateurs. Nous sommes en quête d’un goût identitaire et d’une typicité,  d’émotions et non de pure perfection. Notre crédibilité auprès du consommateur provient de nos vins à Haute Valeur Emotionnelle. Pour lui, c’est l’assurance  de partir à la rencontre de vins susceptibles de les toucher aux papilles et au cœur. »

Pourquoi l’avenir est-il au vin vivant ? «  Nos régions viticoles françaises, héritières d’un savoir-faire millénaire, ont cette promesse qualitative et environnementale à tenir : ce serait une illusion de penser pouvoir concurrencer autrement ces nouveaux pays producteurs et leurs process industriels. De plus, nos sols sont malades, les nappes phréatiques polluées, une partie de la faune et de la flore disparaît. L’attente des amateurs du monde entier est forte, pour des vins  d’artisans, identitaires et sains. »

Les Grands Vins des Hospices de Beaune  selon Anima Vinum

Les Grands Vins des Hospices de Beaune selon Anima Vinum

Hospices de Beaune selon Anima Vinum

160e Vente des Vins des Hospices de Beaune – 13 Décembre 2020

Le 20 octobre 2020,

Dégustation du Millésime 2020 Domaine des Hospices de Beaune.

Contexte général :

Est-il besoin de rappeler le contexte si particulier de l’année 2020 ? Il est cependant intéressant de comprendre en quoi ce satané virus « sino-pangolinesque » a pu influer sur le caractère des vins de 2020.

Tout d’abord, le confinement a joué un rôle positif sur le travail de la vigne : pensez-donc, près de 2 mois de grande tranquillité pour mener les travaux de viticulture. De mémoire de vigneron, c’est du « jamais vu » ! Pas un visiteur intempestif, pas un journaliste à l’horizon, … Le calme plat ! Le bonheur quoi !

Le plus pesant fût ce climat de psychose lié à la pandémie.

Ludivine Griveau avoue avoir été profondément marquée, humainement et émotionnellement. Les Hospices de Beaune sont, avant d’être un domaine viticole, un hôpital, qui plus est faisant partie des premiers à avoir accueilli des cas de Covid-19 dès le mois de février. Et de s’interroger sur le fait qu’elle ait pu vinifier différemment pour cette raison.

Météorologie et Viticulture :

Rien de très nouveau sous le soleil (l’ardent soleil) des Hospices de Beaune : les 60 hectares de vignes du domaine sont conduits sans aucun intrant chimique de synthèse (autre manière de dire « Viticulture Biologique » en l’absence d’une certification officielle).

Après un court hiver doux et un peu pluvieux, le printemps précoce a permis un débourrement rapide. Rappelons-nous nos mois de confinement : la moitié nord de la France les a vécus sous un soleil radieux. Les gelées tardives (fin avril/début mai) nous ont « frisé les moustaches » (sans occasionner de dégâts cette fois-ci) et il fallut attendre fin mai et début juin pour recevoir un peu de pluie, déjà fort désirée.

La Floraison ne s’étant pas déroulée de façon idéale, nous avons perdu un peu de quantité à cette étape. L’été fût chaud en journée, les nuits, heureusement plus fraîches qu’en 2019, la sécheresse fût en revanche tout aussi sévère. Le Chardonnay a plutôt mieux résisté que le Pinot Noir qui a souffert sur les secteurs les moins arrosés et les plus calcaires (Volnay, quelques climats de Beaune, Corton grand cru, Mazis-Chambertin, ….).

Dès mi-juillet, Ludivine a bien senti que les vendanges devraient débuter avant le 20 août.

Décision difficile à prendre tant elle impacte le profil des futurs vins d’une part, et qu’elle est sujette à controverse dans le coteau d’autre part ! Bien qu’il n’y ait pas de vérité absolue en la matière, les « tardifs » et les « précoces » s’opposent régulièrement sur les réseaux sociaux. (Une date +/- précoce de maturité est le résultat d’une somme de choix culturaux : dates et longueur de taille, importance et fréquence des rognages, nombre de grappes laissées,… liste non exhaustive).

Bref, aux Hospices, les vendanges ont commencé le 18 août avec Volnay et Pouilly-Fuissé et se sont achevées le 29 août 2020 avec Chablis 1er cru et Auxey-Duresses.

Vendanges à la main évidemment !

Un millésime historiquement précoce donc, marqué par des petits rendements (pouvant aller jusqu’à -40% dans les secteurs les plus touchés). Il manquera du vin cette année encore à la Vente : nous serons peu ou prou sur les bases de 2019 qui fait partie des petites récoltes de l’histoire de ce domaine. (en 2019, 589 pièces furent proposées à la vente : c’est environ 210 pièces de moins qu’en année pleine).

Vinification :

Une image contenant personne, intérieur, homme, femme

Description générée automatiquement

Les blancs sont pressurés en grappes entières alors que la totalité des rouges a été égrappée : pas de vinification en grappes entières cette année ! Pas de changement notable pour le process des vins blancs. Les rouges quant à eux ont eu un régime de faveur !

De gros efforts ont été déployés pour maintenir la vendange à basse température et ainsi retarder fortement l’activité des levures, donnant à Ludivine toutes lattitudes pour faire de longues macérations pré-fermentaires à froid, sans pour autant augmenter la durée totale de cuvaison. Le pressurage des rouges a été surveillé comme le lait sur le feu afin de n’extraire aucun tanin grossier. D’ailleurs, les jus de presse n’ont pas toujours été intégrés aux cuvées. Les entonnages ont débuté fin septembre et se sont achevés peu avant la mi-octobre. Cette année, et c’est une bonne nouvelle, il n’y aura pas de vin logé en fûts déjà utilisés (sauf Pouilly Fuissé).

Conditions de la dégustation :

Le 20 octobre 2020 entre 11 et 13h30 (jour « feuille »). Dégustation pour partie sur fûts et pour partie sur échantillons prélevés le jour même.

Tous les vins sont entonnés en fûts neufs, seul Pouilly Fuissé est pour partie en cuve et pour partie en double pièces de 1 vin. Seules 2 cuvées de blancs possèdent encore un peu de sucres résiduels, mais les levures sont toujours actives. Aucune Fermentation malo-lactique n’a débuté (2 ou 3 cuvées semblent cependant sur le point de la démarrer).

Futaille : 2020 marque le retour du 100% fûts neufs.

3 tonneliers sélectionnés cette année :

« Damy » pour les vins blancs

« François Frères » sur les rouges « mono-climats »

+ double-pièces sur Pouilly Fuissé.

« Hermitage » sur les rouges « multi-climats »

Et enfin, un dégustateur en pleine forme et équipé de papilles bien aiguisées ! A ce stade de votre lecture, vous commencez à, peut-être, ressentir un peu d’impatience …. J’en entends qui grondent déjà :

 « Mais bon sang ! Que valent les vins des Hospices cette année ? » ….

« Toute cette prose nous donne soif ! »….

« Il va la cracher sa Valda ?!! ».

Bon d’accord, je me lance !

Ce 6ème millésime de Ludivine Griveau aux Hospices de Beaune est

WOUAHOUUUUUU !

Dieu sait qu’elle nous a déjà gratifié d’excellentes cuvées dans le passé.

En quoi 2020 surclasse-t-il les 5 millésimes précédents ?

Une grande homogénéité : nous avons pour habitude de quantifier le nombre de cuvées que nous pourrions acheter : depuis l’arrivée de Ludivine, cette part se situe entre 55 et 70% (ce qui est une très bonne proportion). A l’issue de la dégustation, ce sont 86% des cuvées qui sont compatibles avec notre niveau de sélection ! Du jamais vu.

Le niveau qualitatif (Nous sélectionnons si la note de dégustation est supérieure à 14/20) :

Ecart type notes des rouges : 13 à 19/20

Note Moyenne des vins rouges* : 16.4/20

*Si je retire les notes des vins non sélectionnés (dont la note est inférieure ou égale à 14/20), la moyenne s’établit à 16.8 /20

Ecart type notes des blancs :   15 à 19/20

Note Moyenne des vins blancs : 17.2/20

Nous n’avons jamais attribué de telles notes aux vins des Hospices de Beaune depuis que nous participons à cette vente (2005)

Le choix gagnant d’une vendange précoce pour conserver acidité, énergie et toute la fraîcheur aromatique des baies. Les Hospices de Beaune nous ont habitué à des vins blancs souvent riches, caractère accentué par l’élevage 100% fûts neufs. Cette année, enfin, notre palais en quête de tension et de fraîcheur est comblé ! Les blancs sont énergiques, dotés d’une pureté sans faille d’une très jolie tension. Les équilibres sont excellents. Pas de risque qu’ils s’alourdissent après la fermentation malo-lactique.

Les rouges ont été vinifiés avec intelligence et justesse : il fallait cette année éviter le piège des sur-extractions, le Pinot Noir rappelant celui de 2015 : mûr, concentré et très (trop) facile à extraire. Si 2015 a connu quelques cuvées un peu trop taniques, l’expérience a porté et Ludivine a infusé ses cuvées en veillant surtout à ne rien hâter. Les vins sont très colorés, concentrés mais pas extraits ! Les tanins sont d’une très grande qualité : très fins, serrés et soyeux. Les arômes sont très purs : le fruit éclate en bouche, souligné par cette acidité, qui nous est si chère en Bourgogne ! Les bouches sont gourmandes, croquantes, pleines et souvent très longues. Plusieurs cuvées possèdent une race, une complexité et une énergie qui les placent tout en haut de la notation.

Les réussites en blancs : presque tout !

Mes meilleures sensations sont (notées 17/20 et +)

Pouilly Fuissé

Meursault “Loppin”

Meursault 1er Cru Les Charmes “Bahère de Lanlay” et “Albert Grivault”

Meursault 1er Cru Genévrières “Philippe le Bon”

Corton Vergennes “Paul Chanson” Grand Cru

Corton Charlemagne “François de Salins” Grand Cru

Les réussites en rouges : elles sont très nombreuses.

(Sont indiquées d’un * les cuvées notées 17.5 et +)

Monthelie

Savigny Lès Beaune 1er cru « Forneret »* et « Arthur Girard »,

Auxey Duresses 1er cru,

Beaune 1er cru « Cyrot Chaudron », « Brunet », « Pierre Floquet », « Clos des Avaux », « Dames Hospitalières »*, « Guigone de Salins » et « Nicolas Rolin »*,

Volnay 1er cru « Général Muteau »*,

Volnay-Santenots 1er cru « Jean de Massol »* et « Gauvain »

Pommard « Suzanne Chaudron » et « Raymond Cyrot »

Pommard 1er cru « Dames de la Charité »*

Pommard-Epenots 1er cru « Goblet »*

Corton grand cru « Charlotte Dumay », « Docteur Peste »* et « Baronne du Baÿ »*

Clos de la Roche Grand cru*

Mazis-Chambertin Grand Cru*

A noter que la pièce des Présidents, mise en vente au profit des Hospitaliers qui luttent contre la Covid-19, sera une cuvée très spéciale de

Clos de la Roche Grand Cru

Vin logé dans une pièce issue d’un chêne bi-centenaire du parc du Château de Chambord (Fût offert par la tonnellerie Cadus).

Comment souscrire avec ANIMA VINUM, 1er acheteur artisanal de la vente des Hospices de Beaune ?

Au-cours de la semaine précédant la vente du 15 novembre prochain, nous vous ferons part de notre sélection de cuvées cibles ainsi que les prix maximum de souscription (correspondant à notre objectif d’enchère maxi). Vous pourrez souscrire autant de bouteilles que vous le souhaitez par multiple de 6 bouteilles ou de 3 magnums par cuvée désirée.

Une image contenant personne, intérieur, homme, gens

Description générée automatiquement

Nous prendrons vos souscriptions jusqu’au début de la vente, soit dimanche 15 novembre à 14h00.

A partir de lundi 16 novembre, nous vous confirmerons les prix d’achats réels (fonction des enchères) : ils ne pourront pas être supérieurs à nos objectifs annoncés avant la vente. Dans le cas où des cuvées ciblées n’auraient pas pu être acquises aux prix souhaités, vous pourrez reporter votre souscription sur d’autres cuvées si vous le souhaitez. Votre souscription sera validée à réception de votre règlement correspondant au montant Hors TVA et Hors frais de port.

En choisissant ANIMA VINUM, vous optez pour une vision artisanale des vins de terroirs.

Elevages longs et non interventionnistes, mises en bouteilles à la main pour les vins rouges, des matières sèches « premium » (bouchons lièges séchés à la Tramontane durant 15 à 18 mois, lavés sans péroxyde ni solvants chimiques, garantis sans goûts de bouchons, caisses bois, bouteilles lourdes, grands crus et magnums cirés à la main, étiquette mentionnant le nom de l’acheteur – le vôtre , ….)

Vous serez conviés en Bourgogne au printemps 2021, pour déguster sur fûts et en-cours d’élevage, les cuvées que vous aurez souscrites avec nous. Vos vins seront livrables fin d’année 2022, après règlement du solde (TVA + Frais de Livraison), sauf cas de cuvées réclamant un élevage particulièrement long.

Pour suivre l’aventure de notre Escargot Vigneron aux Hospices de Beaune rendez-vous sur notre compte Facebook et Instagram

http://www.facebook.com/animavinum

http://www.instagram.com/animavinum

Nous vous donnons rendez-vous aux environs du 10 novembre 2020 pour notre publication de souscription (surveillez vos boites @mail).

Peut-on faire face collectivement au changement climatique dans les vignes bourguignonnes ?

Peut-on faire face collectivement au changement climatique dans les vignes bourguignonnes ?

Eléments de réponses avec Jérôme Galeyrand, membre actif du GEST (Groupement d’Etude et de Suivi des Terroirs), un think tank (groupe de réflexion) de vignerons réunis pour mettre en commun, réfléchir et produire des solutions aux problématiques locales du vignoble.

“Il faut sauver le soldat Pinot Noir “

” D’une manière générale, la vigne est capable de supporter la sécheresse. Celle de 2020 était une sécheresse “de surface” en Côte de Nuits et a surtout impacté les jeunes vignes au réseau racinaire moins développé et incapables d’aller chercher l’eau et la fraîcheur au delà de 20 cm environ. Avec les fortes températures, les Chardonnays ont gagné en maturité, en gourmandise, et les Aligotés tirent désormais vraiment leur épingle du jeu, eux à qui l’on reprochait d’être trop verts, jamais mûrs. Celui qui a, en revanche, beaucoup souffert des fortes chaleurs est notre Pinot Noir emblématique. Il gagne en maturité lui aussi, mais du fait de sa couleur sombre, il souffre énormément de la grillure (la brûlure des baies). Notre mot d’ordre au Gest est : “Il faut sauver le Soldat Pinot Noir”.

Solutions individuelles face au étés extrêmes

“Parmi les solutions individuelles, les vignerons s’orientent déjà sur des palissages différents, un rognage plus léger pour conserver de la fraîcheur, un effeuillage uniquement sur les faces est et nord du végétal qui sont les plus fraiches. On choisit aussi d’effectuer des vendanges plus précoces et de pratiquer des méthodes de vinifications plus douces dans le travail d’extraction. Collectivement, rien n’est encore en marche. C’est un sujet urgent, nous en parlons depuis 2003. “

Appel aux vignerons bourguignons

” A l’heure actuelle, notre problématique dans le vignoble est surtout lié au décalage de la saison. Les hivers sont moins rudes, le printemps est très doux ce qui a un impact direct sur le débourrement des bourgeons : il a  lieu 15-20 jours plus tôt qu’au début du millénaire ! Au Gest, nous pensons à plusieurs types de réponses. Nous nous orientons sur des porte-greffes du sud  dits “de l’Ecole de Montpellier”, plus tardifs et plus résistants à la sécheresse. Et puis, nous préparons un second conservatoire où nous sauvegarderons nos Pinots Noirs tardifs bourguignons. C’est un travail d’une quinzaine d’années. Nous appelons les vignerons à nous rejoindre s’ils possèdent une belle sélection  de Pinot Noir ou qu’ils ont déjà identifié des Pinots Noirs plus tardifs.”

GEST : asso-gest.fr / contact@asso-gest.fr ou 06 03 63 10 07

Vendanges machines ou vendanges manuelles ?

Vendanges machines ou vendanges manuelles ?

Quels sont les enjeux cachés derrière un choix qui paraît presque anodin ? Eléments de réponse avec Samuel Legros, vigneron-artisan, Domaine Bachey-Legros (estampillé Escargot).

“Il est important de raisonner en termes de cépage, car le Chardonnay et le Pinot Noir réagissent différemment.”

La différence à la vigne

“A la machine, pour des Chardonnay, on peut avoir de bons résultats de récolte, des baies dans un état correct, car l’élasticité des peaux est meilleure. Quant au Pinot Noir … les baies vont se disloquer, éclater, ce qui n’est pas une bonne chose pour les futures macérations.”

“Côté gestion humaine, le rapport en besoin de main d’oeuvre est de 1 à 10. C’est à dire que quand j’embauche 45 personnes (récolte, mise en caissettes, tri minutieux, réception cuverie) pour les vendanges à la main, je pourrais réduire le nombre à 3 ou 4 avec une machine (conducteur du tracteur, de la benne et pas de tri possible).”

“Il est impossible d’obtenir le même résultat qualitatif. A la main, on n’aura jamais une récolte aussi bien triée, et c’est nécessaire pour les macérations du Pinot Noir, autrement, nous retrouvons des arômes végétaux en cuves. A la machine, les baies s’oxydent vite et perdent beaucoup de jus en bennes.”

La différence dans le verre

” Pour les blancs, impossible d’intégrer les rafles dans les cuves si l’on vendange à la machine, or elles apportent leur lot de potassium et d’azote qui structurent les vins, apportent de la matière et encouragent les fermentations. “

“Pour les rouges, impossible de faire une vendange entière (avec les rafles) à la machine, ce qui crée un frein élémentaire quant au choix de vinification. De plus, les tanins des pépins sont extraits trop tôt à notre goût, si l’année n’est pas parfaite, vous retrouverez un goût astringent dans le vin. Du fait du mauvais tri, les vins seront plus herbacés générant des arômes ferriques et de rouille.”

“On reconnaît à l’aveugle des vins vendangés à la machine parce qu’ils sont plus dilués, par leurs arômes végétaux, herbacés, ferreux. Cela peut être camouflé par des tanins oenologiques ou des excès de fûts neufs, d’où les arômes de vanille.”

“En conclusion, à mon sens, la vendange machine est trop brutale pour la vigne, elle endommage des pieds, raccourcit leur durée de vie, brusque les grumes et limite un travail parfait en cuverie. Elle est de moins en moins pratiquée chez les vignerons-artisans, je crois, sauf en cas de situation ingérable autrement (type Covid).

Une année de plus sous le signe de la sécheresse

Une année de plus sous le signe de la sécheresse

Éclipsée par le Covid19, le manque d’eau a perturbé les écosystèmes français, les vignes bourguignonnes ont été parmi les victimes de l’assèchement des sols et des nappes phréatiques.

Alors que l’hiver a été plus arrosé qu’en 2019, une très longue période sans pluies et très chaude a plongé les vignerons de la Côte dans la plus vive inquiétude. Inquiétude compréhensible puisqu’une majorité des domaines enregistrent juste après vendanges une perte allant de 10 à 30% des récolte – d’une qualité exceptionnelle. Dans certaines zones, ce chiffre s’élève à 50% (du côté de Givry, dans certaines zones du Beaujolais).

Ces disparités s’expliquent par un climat plus frais (Côte-de-Nuits par exemple, qui a moins souffert des canicules) et à des couloirs orageux (Auxois, Sud Côte-de-Beaune, Jura) ou de pluies traditionnels.

A ce jour, encore aucune technique n’est mise en oeuvre de manière collective pour tenter de juguler une tendance qui s’installe d’année en année depuis la significative 2003.

Un domaine pendant le confinement

Un domaine pendant le confinement

Distanciation, famille, travail aux vignes et … nouvelle cuverie

Le frères Chevrot, nichés dans les Maranges, œuvrent dans l’intimité du domaine familial repris dans les années 2000. Nous avons commencé à certifier leurs bons vins avec notre escargot en 2019 ! Distanciation oblige, nous avons contacté notre vigneron-récoltant Pablo par téléphone et lui avons demandé comment lui et son frère Vincent ont géré le confinement, ainsi que le déconfinement …

Confinement n’a pas rimé avec repos pour le domaine. En effet, la vigne ne prend pas de vacances et les mois de mars, avril et mai ont été très intenses. Pour que tous les employés puissent travailler en toute sécurité, nos frères se sont organisés en conséquence pour respecter la distanciation.  Côté commerce, pour compenser les pertes en export et restauration, le domaine a lancé une offre spéciale « Frais de port gratuit à partir de 30 bouteilles » auprès de ses clients particuliers, qui s’est révélée très bénéfique. En parallèle, le chantier commencé avant le confinement par les deux frères a dû être mis en pause, puis a progressivement repris à partir du 11 mai. Bientôt, les Chevrot auront une toute nouvelle cuverie, un nouveau stockage ainsi qu’un atelier. Ils ont également entrepris la rénovation des anciens bâtiments.

Tout beau, tout neuf ! Enfin, quand on demande à Pablo de nous citer les avantages de ce confinement, il nous parle évidemment de sa famille et de ses vignes. Ces dernières ayant un mois d’avance, le confinement a permis aux Chevrot de se consacrer à leurs travaux, en plus de profiter pleinement de leurs proches le soir et pendant les week-end. Puis vient le déconfinement, avec toujours autant de travail dans les vignes mais Pablo prend le temps de passer un bon moment avec ses amis au restaurant. Il s’est aussi lancé dans des live sur Instagram, un super outil pour échanger avec ses clients ! Nous l’avons laissé sur ces bonnes paroles retourner au boulot !

Olivier Coquard, faiseur de nouveaux Beaujolais

Olivier Coquard, faiseur de nouveaux Beaujolais

Olivier Coquard, en plus d’être un excellent vigneron du Beaujolais, c’est un ami de longue date. Depuis la fondation d’Anima Vinum, il nous réserve une partie de ses cuvées de manière très fidèle, ce qui nous a permis de nous lancer ensemble dans des créations bien spéciales. Des cuvées vivantes, des cuvées vibrantes, des cuvées sans soufre ajouté. Elles connaissent aujourd’hui un franc succès.

Et c’est ainsi que nous nous sommes lancés dans la création d’un nouveau type de cuvée qu’on avait très envie de retrouver dans nos verres. Ce sont des Beaujolais nouveaux faits « à l’ancienne ». Des vins capables d’être gardés jusqu’à cinq ans en cave, loin des clichés industriel de vin léger au goût de levures en plastique. Nous voulions retrouver en eux le goût du Beaujolais nouveau de Louis, Henri, Léonie, Emile et Luce. Des grands-parents.

Grâce à des cavistes qui y croient du côté de Paris et en Bretagne, nous installons en ce moment notre Beaujolais nouvelle génération petit à petit. Force est de constater que le succès est bien au rendez-vous, on nous en redemande. Et pour cause. Pour tout dire, on en réserve quelques cartons pour nous, et on en boit toute l’année. A nos yeux, ce Beaujolais nouveau évoque la camaraderie. Le gamay a cette qualité de simplicité et de vivacité chaleureuse bien à lui. Il a cette énergie de l’arrière-pays lyonnais, franc, généreux et rigolard. Le genre de bouteille qu’on ouvre plus avec le cœur qu’avec le tire-bouchon. Le vin des copains, quoi.