Millésime 2021 aux Hospices de Beaune : Le grand retour du pinot noir « à la bourguignonne »

Millésime 2021 aux Hospices de Beaune : Le grand retour du pinot noir « à la bourguignonne »

Les vendanges sont terminées aux Hospices de Beaune ! Durant huit jours, les caissettes de raisins ont afflué de toute la Côte viticole bourguignonne pour rejoindre la cuverie à Beaune. Triées par les petites mains – nombreuses – les grumes ont rejoint pressoirs et cuves, sous l’œil attentif de leur régisseuse Ludivine Griveau.

Et nous, curieux de ce qu’allait donner ce millésime si particulier, on a filé la voir à domicile…

Accueillis à bras ouverts par une Ludivine confiante, pleine d’énergie, nous avons compris un peu mieux de quoi ce millésime serait fait ! Présence, intuition, et bon sens bourguignon !

Attention, série limitée !

« Je vous préviens, personne ne pourra goûter mon seul fût de *** (#info-confidentielle) avant la vente ! » Bon d’accord, elle donne le ton. En blanc, la récolte est minime. Il faudra se lever de bonne heure pour acquérir les rares fûts de Chardonnay, notamment dans les appellations les plus prestigieuses, celles qui ont souvent le plus souffert des gelées d’avril – une nappe de froid polaire a touché les vignes en coteaux durant plusieurs jours et de la neige a brûlé pas mal de bourgeons en pleine éclosion.

En revanche la qualité est magnifique. « Belle surprise, ce sera un grand millésime en blanc ». Eh oui, car les petits rendements ont gonflé les maturités, et les Chardonnays ont conservé une belle acidité vu le profil météorologique froid de l’année. Les baies rentrées dépassent tous les espoirs en qualité.

Le grand retour du millésime bourguignon !

Côté rouges, c’est le grand retour du pinot noir « à la bourguignonne ». « Ces derniers millésimes très chauds nous ont habitué à des maturités importantes, des tanins et des vinifications presque faciles… Aux Hospices, j’ai affaire à mon premier millésime très bourguignon. » Aux Hospices oui, mais dans sa carrière, Ludivine les a bien connues les années pluvieuses ou froides. Même pas peur. Au contraire, elle attend un pinot noir frais, comme on les aime ! « Les pépins sont mûrs et nous avons zéro défaut dans les cuves. »

« C’est un retour à nos racines, de ce que le pinot peut avoir de plus passionnant. Le savoir-faire du vinificateur et celui de l’éleveur vont prendre tout leur sens. »  La table de tri, aussi ! Cette année, les Hospices mobilisent encore plus de petites mains que d’habitude, 10 personnes dont deux à l’éraflage, 1/3 de temps en plus par cagette. Et un pré-tri effectué par le videur de caisse. « On a mis du mûr et du sain dans nos cuves ! »

Un millésime de présence !

Depuis son arrivée aux Hospices, la régisseuse a patiemment réglé la mécanique (investissements à la cuverie, réorganisation, nouvelles machines de pulvérisation pour les traitements) pour être capable le moment venu – là … par exemple – de faire face à un millésime très technique. Œnologue de formation, elle aborde de façon sereine et concentrée cette épreuve de vinificateur. Et ce, après avoir réussi le pari de la récolte aux vignes : « Pas de mildiou sur baies, sans utilisation de produits chimiques ou de synthèse. » Une patiente marche vers le bio certifié.

« Il faut faire le bon geste au bon moment », Ludivine explique que les millésimes précédents réagissaient directement aux interventions dans les cuves. Ce millésime, non. Donc il faut avoir la bonne intuition, être précis. Les résultats ne sont visibles que longtemps après. « C’est un challenge dans lequel je me sens à l’aise car je suis très présente auprès des vins. »

La vente s’annonce donc encore une fois passionnante, peu de fûts, une qualité au rendez-vous et quelques très belles surprises nous attendent. Quant à la pièce des Présidents, Ludivine lève le voile : la cuvée sera choisie pour son caractère unique et sera logée dans un écrin tout aussi spécial, proposé cette année par le tonnelier François Frères. “La cause que nous soutiendrons sera celle des femmes !”