Vente caritative des Hospices de Beaune : “Un moyen très efficace d’éveiller les consciences”

Vente caritative des Hospices de Beaune : “Un moyen très efficace d’éveiller les consciences”

Vincent Bitcker, représentant de l’Institut du Cerveau et de la Moëlle épinière nous explique en quoi la Vente de Charité des Hospices de Beaune et particulièrement l’argent récolté via la Pièce des Présidents en 2019 – acquise généreusement par Alaor Lino, fondateur d’Anima Vinum Brasil.

“Toutes les personnes qui sont affectées par une maladie psychiatrique et neurologique peuvent, potentiellement, bénéficier des avancées scientifiques réalisées à l’Institut du Cerveau, qui œuvre pour l’ensemble de la société”, Vincent Bitcker représente l’ICM et part à la recherche de financements tout au long de l’année afin de soutenir les programmes ambitieux de l’Institut.

“Les connaissances produites sont exploitées par les services de soin du monde entier, et d’autres équipes de recherche qui travaillent sur des questions connexes. L’Institut est un centre international, ou se côtoient environ 45 nationalités.”

Vincent Bitcker, directeur de campagne à l’ICM

Le défi du Cerveau, organe inconnu

Même si les connaissances sur le cerveau ont explosé au cours des dernières décennies, c’est encore l’organe que la science moderne connait le moins bien.

“Les chercheurs doivent constamment trouver de nouvelles techniques pour mieux observer le cerveau à toutes les échelles – molécules, cellules, tissus, comportement – et dans des situations proprement humaines : relations sociales, perception de l’environnement, prise de décision, tâches créatives, activité physique, rêverie…”, résume Vincent Bitcker.

Là est sans doute leur plus grand défi : intégrer les données obtenues à toutes ces échelles, pour mettre en relation des mécanismes biologiques subtils, et leurs effets parfois massifs sur le fonctionnement de l’organisme et le comportement.

” Enfin, le dernier grand défi est le développement de médicaments efficaces dans les maladies du système nerveux. La recherche biomédicale en produit rarement de nouveaux : les essais cliniques coûtent très cher, les résultats obtenus chez l’animal ne sont pas toujours reproduits chez l’humain, et il faut un très grand nombre d’essais et erreurs avant de trouver une molécule efficace et sûre.”

Pour cette raison, l’Institut du Cerveau cherche de nouveaux moyens d’accélérer ce développement, en réduisant les coûts et les délais de mise en place des essais cliniques.

Les grands sujets abordés à l’ICM

Parmi les grandes thématiques étudiées à l’Institut du Cerveau, on trouve : le neurodéveloppement, la modélisation de l’évolution des maladies neurodégénératives, la génétique des tumeurs cérébrales, les mécanismes de la locomotion dans la maladie de Parkinson, les causes cérébrales des mouvements anormaux, les circuits cérébraux responsables des épilepsies, l’origine des troubles obsessionnels compulsifs, les mécanismes de dégradation et de régénération de la myéline, la récupération post-AVC, ou encore la créativité, la motivation, le sommeil…

Les grandes réalisations de l’Institut ICM

Récemment, des équipes de recherche de l’Institut ont :

  • Décrypté l’origine des crises d’épilepsie dans les encéphalites auto-immunes, des maladies neurologiques rares
  • Montré comment le cerveau se comporte lorsque nous procrastinons, c’est-à-dire quand nous remettons l’action à plus tard – un comportement fréquent dans les états dépressifs
  • Mis en évidence la signature cérébrale des états de manque, une caractéristique essentielle des troubles liés à la consommation de substances psychoactives
  • Montré les mécanismes d’action de la kétamine, une substance qui permet de soulager les effets de la dépression, et qui est actuellement testée dans plusieurs essais cliniques
  • Trouvé que l’apomorphine, une molécule qui mime l’action de la dopamine, permet de réduire les insomnies, la qualité du sommeil et la motricité au réveil chez les personnes qui ont une maladie de Parkinson
  • Montré que la composition du microbiote intestinal pouvait influencer notre sensibilité à l’injustice, la prise de décision dans un contexte social, et la façon dont nous traitons les autres en général.

L’autre grande mission de l’Institut est ainsi d’apporter des solutions concrètes aux patients.

Enfin, les chercheurs de l’Institut espèrent à terme utiliser ces nouvelles connaissances pour diagnostiquer et prédire l’apparition de certaines maladies, comme la sclérose en plaques ou la maladie d’Alzheimer – et agir au plus tôt.

Pourquoi l’ICM s’est-il tourné vers la Vente de Charité des Hospices de Beaune ?

La Vente aux Enchères des Hospices civils de Beaune est l’une des plus célèbres et des plus prestigieuses ventes de vins au monde. Chaque année, la vente se conclue par la mise en vente de la « Pièce du Président » au profit d’une ou deux associations et permet de lever des fonds importants pour ces dernières.”

La Vente des Hospices Civils de Beaune constitue un formidable levier pour de financement de la recherche, explique Vincent Bitcker, et c’est aussi un moyen très efficace d’éveiller les consciences sur l’urgence de se mobiliser en faveur de la recherche sur les maladies neurologiques et psychiatriques. Évènement incontournable, l’Institut du Cerveau se devait de candidater pour bénéficier de cette initiative exemplaire.”

Où sont allés les fonds reçus après la Vente aux Enchères ?

“Les fonds sont investis dans l’achat de nouveaux équipements (microscopes, IRM…) indispensables à la recherche, dans le salaire de chercheurs et experts de la recherche et de l’innovation, et dans le financement global de projets que l’on appelle « risqués » – c’est-à-dire qui sont particulièrement audacieux.”

L’une des grandes forces de l’Institut ( 26 équipes de recherche, un centre d’investigation cliniques, un living lab et 11 plateformes technologie) est d’oser explorer des hypothèses de recherche originales qui permettent aux chercheurs d’exprimer toute leur créativité. Leurs retombées ne sont jamais garanties – mais c’est de cette ébullition qu’émergent les grandes découvertes scientifiques.

Or, la recherche à risque a besoin de sources de financements privés, dont les dons : ” Les fonds de la vente aux enchères sont exactement ce dont l’Institut a besoin pour continuer à innover”.